[Spoiler] Avatar : la voie de l’eau : pourquoi ce n’est pas un chef d’œuvre à nos yeux.

Fin 2022 est marquée par la sortie du tant attendu Avatar : la voie de l’eau, treize ans après le premier opus. Raz-de-marée en vue au box-office, il emporte l’enthousiasme d’énormément de monde. Néanmoins, ce n’est pas une joie qu’on partage. Comme on le disait dans notre critique que vous pouvez retrouver ici, oui le visuel est magnifique mais on ne se contente pas d’un emballage pour être ravi. On voulait un scénario à la hauteur et ce fut notre principale déception. On va donc justifier pourquoi nous ne trouvons pas qu’Avatar : la voie de l’eau est si exceptionnel en spoilant ce qui se trouve dans l’histoire.

CE QUI SUIT RÉVÈLE DES DÉTAILS SUR LE SCÉNARIO

Un copier/coller.

La première chose qui frappe est le sentiment de déjà-vu. C’était l’un des reproches d’Avatar en 2009 d’avoir un scénario peu recherché. En revanche, il avait marqué les esprits, en plus de son visuel, par la richesse de l’univers qui était proposé qu’on ne voyait que peu souvent à ce niveau. Avec plus d’une décennie pour élaborer la suite (et même les suites), on voulait enfin quelque chose de percutant.

Malheureusement, Avatar : la voie de l’eau n’est qu’un copier/coller du premier opus. On retrouve exactement la même structure jusqu’à retrouver même certaines répliques et scènes. On citera par exemple Jake qui demande de fuir aux Na’vi, les pleures de Neytiri voyant encore son monde brûlé, Reya qui n’est pas d’accord pour guider les nouveaux venus mais qui finit par accepter…

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Alors certains argueront que beaucoup d’autres films font ça de proposer le même scénario entre l’original et sa suite (en espérant que ces personnes ne soient pas celles qui ont critiqué Star Wars 7 qui était un copier/coller de Star Wars 4). Mais avec un univers aussi vaste que Pandora, il y avait bien mieux à exploiter en terme d’histoires. On ressent une lassitude car tout devient prévisible si ce n’est la mort du fils de Jake et Neytiri qui est la seule grosse surprise du film. L’une des rares touches émotionnelles du long-métrage d’ailleurs qui se veut plat dans l’ensemble.

Les raccourcis simplistes.

Avec un film qui dure plus de trois heures, on s’attend donc à suffisamment de développement pour les intrigues. Sauf que non, on va dans la simplicité de l’extrême et en plus grotesque.

Preuve en est le retour du Colonel Miles Quaritch. Alors que ce dernier était bel et bien mort dans Avatar, ne laissant aucun doute là-dessus, il fait son retour pour cette suite. L’excuse donnée ? Sa personnalité et ses souvenirs avaient été auparavant transférés numériquement pour être réincarnés dans un Avatar. Même l’explication frise le ridicule avec une réplique commencée et vite coupée par l’interlocuteur histoire de « allez le public sera assez bête pour l’accepter et on ne tourne pas autour du pot tant notre idée est ridicule », pourquoi ne pas avoir créé un nouvel antagoniste ?

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Comment aussi justifier le retour des humains sur Pandora ? Alors cette fois-ci ce n’est pas un minerai qui est recherché mais une substance présente dans le cerveau d’une sorte de baleine pour… lutter contre le vieillissement. Un concept foireux. De plus, d’où vient cette idée ? Comment les humains ont été jusqu’à chercher dans le cerveau d’une baleine pour ça ? Ce n’est pas le sujet car il fallait bien trouver un prétexte sans queue ni tête pour les faire revenir. Était-ce compliqué de ne pas faire revenir les humains et de proposer autre chose comme bouleversement ? On est dans un monde gigantesque et les Na’vi aquatiques avaient un potentiel de folie, c’était plus ça qu’il aurai fallu exploiter.

Le message écologique bâclé.

Cela va rejoindre le copier/coller dont on parlait. Alors que l’univers est tellement vaste, que Cameron a posé toute une civilisation, toute une faune, toute une flore… Pourquoi avoir ressorti encore le thème du « l’humain détruit la nature » de manière aussi caricaturale ? Le premier opus était « on arrive sur une planète, on détruit tout pour la piller ». Le second opus est « on arrive sur une planète, on détruit tout pour la piller et on chasse les animaux marins ». Alors oui, cette séquence de l’attaque de l’espèce de baleine était touchante et montrait bien la souffrance animale et le côté pécunier des chasseurs. Mais tout se joue sur une scène et on zappe tout le reste. Pour un film qui traite entre autre de la protection environnementale, c’est vraiment réducteur et mis là juste pour dire « eh regardez, on parle de l’écologie et de la protection animale ». Le premier film avait beaucoup mieux géré le sujet avec la communion entre une civilisation et la nature, donnant une unicité fragile et symbolique mais qui reflétait bien le problème mondial qu’on subit.

Le traitement simpliste des personnages.

On le disait déjà dans notre critique du film mais il faut reconnaître que les personnages ne sont pas vraiment développés ici, s’alignant tous sur un plan de simplicité. Alors qu’Avatar avait créé un bon développement des protagonistes et qu’on arrivait à s’attacher à eux, ici ils sont peu élaborés qu’on a même du mal à se souvenir du prénom de chacun.

Mais le gros bémol revient au Colonel. En plus de le faire revenir, il fallait qu’il soit encore plus abruti qu’auparavant. Toujours la grosse brute sans cerveau qui fonce dans le tas, se voulant sans cœur en détruisant un village ou en tuant des animaux prouver sa supériorité de gros bras. C’est le cliché du méchant et ça devient usant de ne pas avoir eu droit à une évolution. D’autres films proposent des antagonistes bien mieux construits que là.

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L’autre bémol revient à Spider en plus de ne servir à rien. Il débute en étant loyal envers Jake, résiste à la torture de manière magistrale. Puis en un claquement de doigts il se met à aider le Colonel à traquer Jake qui veut le tuer. Finalement, il a des remords mais continue à l’aider avant de faire volte-face pour protéger Jake. Et comme cela ne s’arrête pas là, alors que le Colonel est en train de se noyer et de couler au fond de l’océan, Spider finit par sauver le Colonel de la mort. Oh surprise, il survit pour sûrement mieux revenir ensuite.

Le Colonel et son fils.

Ce qui revient à parler de la relation entre le Colonel et Spider, rejoignant alors le point sur les raccourcis et sur la simplicité des personnages. Déjà, à peine Spider dit que tout le monde ne peut pas être fier de son père qu’on voit dans le plan suivant le Colonel dans l’avion, on comprend tout de suite que c’est lui. Pourquoi ne pas avoir laissé un suspens ou même une fausse piste tout au long du film ? La grande question est alors : qui est la mère ? Alors ça on ne le saura pas. Mais surtout, quand a-t-il conçu l’enfant ? Il s’est déroulé un peu plus de dix ans entre les deux films, Spider a un peu plus de dix ans, jamais dans le premier il n’est évoqué une romance entre le Colonel et quelqu’un et tout d’un coup il a un enfant dont il s’en moque royalement.

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Tout le film, le Colonel utilise Spider pour réussir son objectif et il ne se soucie absolument pas du garçon. Il ne cesse de dire « je ne suis pas ton père ». Bien que le « Colonel Avatar » ait les souvenirs et la personnalité du « Colonel humain », en effet biologiquement ce n’est pas son fils. Donc quand vient la scène où Neytiri menace de tuer Spider pour sauver sa fille, le Colonel est bien évidemment indifférent. Ce n’est que quand Neytiri entame le geste de poignarder son fils qu’il finit par craquer. Retournement de situation sans raison car rien n’avait amené à ce changement de personnalité brutal.




Trop de questionnements.

Si un film se doit de conclure tous ses arcs narratifs avant la fin, on peut faire une exception pour les sagas car il faut bien poser des bases pour les suites. Néanmoins, on peut dire que c’est un échec pour ce second opus. En effet, il y a des choses de posées mais c’est clairement écrit pour « on met une pièce du puzzle, vous n’aurez qu’à venir voir le troisième pour savoir ce qu’on va en faire ».

On commence avec Kiri. Cette dernière semble avoir une sacrée facilité pour communier avec la nature aquatique, ce qui surprend même leurs hôtes. Bien qu’étant une fille de la forêt, elle a une aptitude déconcertante à la plongée mais aussi à pouvoir contrôler les animaux. Et… voilà c’est tout. On se doute qu’il faudra attendre 2024 pour avoir des réponses mais on aurait pu au moins avoir une piste, quelque chose à se mettre sous la dent pour donner encore plus d’intensité et de vouloir la suite. On prend par exemple Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit qui se concluait par le retour de Barbossa. C’était un élément fort sans qu’on n’ait encore une explication mais le teasing était excellent. Ou encore Le Hobbit : la désolation de Smaug qui se terminait par « qu’est-ce que j’ai fait ? » de Bilbon voyant le dragon s’envoler pour tout détruire. Et même la dernière trilogie Star Wars arrive à poser plusieurs intrigues dans chaque film pour les continuer sur le suivant mais c’est suffisamment exploitées et non pas juste installées en une réplique.

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On reste encore avec Kiri. On sait qui est sa mère, à savoir le Docteur Grace version Avatar. Là encore, ça vient comme ça mais bon, c’est déjà plus crédible que le Colonel qui a un fils car elle avait une forte proximité avec les Na’vis. On se demande alors qui est le père, même si quelques répliques s’orientent sur Norm mais sans grande conviction. Dommage que ce ne soit pas plus mis en avant sur sa réelle filiation, ce qui aurait permis de ne pas faire du recyclage du premier film. De plus, cela aurait permis de créer un bon sujet entre l’union de deux espèces, les humains d’un côté et les Na’vis de l’autre. Alors peut-être qu’il faudra le troisième film pour que ce soit le sujet mais c’était le bon moment pour le faire.

On termine avec la romance potentielle entre Reya et Lo’ak qui semble être en cours l’espace de quelques plans mais sans que ce ne soit clairement établi. On espère donc se tromper pour éviter les clichés des scénarios habituels.




Conclusion.

On le rappelle, le visuel est vraiment l’énorme atout de ce film, même si comme on l’expliquait dans notre critique, ce n’est pas l’énorme révolution comme le fut Avatar en 2009. Cela reste un régal pour les yeux.

Mais voilà, on a l’impression que les treize ans ont uniquement servi à améliorer les technologies et pas à concevoir un scénario digne de ce nom. C’est comme si James Cameron mettait l’histoire au second plan pour faire mumuse avec les techniques actuelles et futures qu’il développe. Alors que 2022 a été marquée par Top Gun : Maverick qui offre un scénario solide et une mise en scène intense ainsi que par The Batman à l’histoire prenante et une esthétique parfaite, cela montre bien qu’il est possible d’avoir un scénario ainsi qu’un visuel pour marquer les esprits.




Certains diront qu’il en faut pour tous les goûts et c’est vrai mais à l’heure actuelle où il faut se justifier de tout, on a donc apporté des précisions en dévoilant des éléments précis du scénario. On espère donc qu’Avatar 3 saura se surpasser et atteindre le rang de chef d’œuvre sur tous les pans d’un film. On ne dénigre pas ceux qui adorent Avatar : la voie de l’eau mais on avait des attentes plus élevées et ne pas se contenter d’un visuel, là où d’autres films ont su prouver aussi qu’ils avaient des effets visuels à couper le souffle (et non on ne fait pas référence à Marvel).

Pour nous, un film parfait se marque à la fois par sa réalisation mais aussi par son scénario, ce dernier étant même le point d’orgue de la perfection d’un long-métrage. Ce que nous n’avons pas trouvé dans Avatar : la voie de l’eau.

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