Cruella (Film).

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La note de Fabien
affiche poster cruella disney

Réalisateur : Craig Gillespie.
Scénariste : Kelly Marcel et Steve Zissis.
Producteur : Andrew Gunn, Kristin Burr et Marc Platt.
Compositeur : Inconnu.
Société de production : Walt Disney Pictures et Gunn Films.
Distributeur : Walt Disney Motion Pictures.
Sortie USA : 28 mai 2021.
Sortie française : 23 juin 2021.
Titre original : Cruella.
Durée : Inconnue.
Budget : Inconnu.
Recette mondiale : Inconnue.
Recette USA : Inconnue.
Entrées françaises : Inconnues.

Résumé.

Dans les années 1970 à Londres, Estella veut devenir connu dans le monde de la mode. Arnaqueuse talentueuse, elle est associée à deux escrocs pour une vie de criminelle. Lorsque la baronne von Hellman remarque ses créations. Cependant, cela va transformer Estella qui va devenir assoiffée de mode et de vengeance au point de devenir Cruella.

Achats.

À venir.

Casting.

Cruella : Emma Stone (VF : Élisabeth Ventura).
Baronne von Hellman : Emma Thompson (VF : Frédérique Tirmont).
Jasper : Joel Fry (VF : Eilias Changuel).
Horace : Paul Walter Hauser (VF : Jérémie Bédrune).
Anita Darling : Kirby Howell-Baptiste (VF : Fily Keita).
John : Mark Strong (VF : Pierre-François Pistorio).

En savoir plus.

Cruella est l’adaptation en film du personnage Cruella apparu dans Les 101 dalmatiens.

image cruella film disney

Alex Timbers était le réalisateur initial mais en raison d’un planning chargé, il laisse sa place à Craig Gillespie.

Notre critique de Cruella (film).

Alors que Disney est dans sa grande vague de remakes de films d’animation en prises de vues réelles, lorsque le projet se veut « hybride » en étant original et remake à la fois, on est curieux de voir le résultat.

image cruella film disney
©Laurie Sparham

En effet, une « origin story » est toujours une tâche délicate pour les scénaristes de proposer quelque chose de novateur avec un personnage emblématique, surtout quand il s’agit de s’attaquer à Cruella. Il faut le dire tout de suite, le scénario n’est clairement pas destiné aux très jeunes enfants, loin de l’aspect féerie que pouvait avoir Maléfique en son temps. L’histoire se veut sombre, avec des meurtres, des tentatives de meurtres et surtout une descente aux enfers de l’héroïne qui va avoir une psychologie de plus en plus perturbée. Il ne faut donc pas s’attendre à y trouver de l’humour ni de romance. On ne peut même pas dire que c’est une pure histoire de vengeance.

C’est plus subtil que ça. Le film se divise en deux actes. Tout d’abord avec Estella qui cherche à percer dans la mode tout en devant vivre avec un passif difficile (sa jeunesse est d’ailleurs très bien travaillée) mais aussi en devant gérer sa propre vie. On sent déjà une femme battante mais qui se bride, étant plus victime qu’autre chose tout en ayant un talent qui se développe. Puis vient l’effet de bascule et Estella devient Cruella. Le film s’assombrit alors davantage à travers des scènes excentriques mais qui reflètent très bien la personnalité de l’héroïne qui a changé jusqu’à son dénouement où le personnage si connu naît pleinement.

Pourtant, si à un moment on se dit que ça part dans quelque chose de plus classique, ce n’est que temporaire et on pardonne cette légère retombée tant c’est pour mieux rebondir par la suite. On ne s’ennuie vraiment pas et le scénario se veut terriblement prenant. Le film distille une ambiance parfois pesante et les émotions ne sont pas en reste même si on vire la plupart du temps dans la gravité. Mais il y a aussi des choses positives qui contrastent suffisamment pour rendre l’héroïne bien plus touchante.

image cruella film disney
©Laurie Sparham

C’est là le tour de force. Emma Stone est ici impeccable et surtout brillante. Elle passe d’une facette à l’autre de son personnage avec une facilité déconcertante qui bluffe vraiment. Son personnage est aussi très attachant. On la voit sous différents aspects, aussi bien de manière victimisée que combattante, craintive comme conquérante, intelligente et même vicieuse voire machiavélique. On ne peut pas la détester tant elle flirte sur la ligne rouge. On ne voit pas l’archétype du méchant, s’éloignant grandement de la version dessin animé et même du film avec Glenn Close. On est ici dans quelque chose de plus profond, plus intense et surtout qui évolue parfaitement avec la part de noirceur qui grandit mais avec une certaine maîtrise.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Déjà, la baronne rappelle beaucoup la patronne de Le diable s’habille en Prada. Le rapprochement est facile mais ça passe quand même très bien. Son actrice est froide et hautaine pour l’incarner à sa juste mesure. C’est un personnage qu’on déteste et derrière le cliché trop facile, elle sert pleinement l’intrigue. On apprécie aussi beaucoup son assistant qui est quelqu’un d’attachant et de profondément gentil. Quant à Jasper et Horace, on est loin des deux lurons comiques du film d’animation. Ici, ils sont bien plus sérieux et Jasper est surtout touchant. Il se veut posé et la voie de la raison. On apprécie beaucoup ce que les scénaristes en ont fait. Quant à Horace, il n’est pas aussi bête que dans le dessin animé même s’il a toujours ce côté naïf mais c’est mieux amené.

image cruella film disney

Avec un personnage d’une telle envergure, la réalisation se devait d’être à la hauteur et c’est grandement maîtrisé. Déjà par son ambiance visuelle très terne et grisâtre qui colle parfaitement au personnage reconnaissable à sa coiffure en noir et blanc. Les touches de couleurs ici et là donnent dans le vif et offrent un beau contraste. Ensuite, la mise en scène est prenante, offrant un rythme idéal pour les séquences plus mouvementées, celles plus combatives psychologiquement mais aussi pour les passages portant plus sur l’émotion. Le travail sur les costumes est aussi une grande réussite tant ils sont originaux et extravagants. Les décors sont aussi bien faits et nous plongent dans un Londres des années 1960. Enfin, la bande originale est très punk rock collant parfaitement au personnage et donnant du dynamisme en plus au film.

image cruella film disney

Cruella est un excellent film qui explore beaucoup plus la personnalité d’une vilaine culte de Disney. À noter la scène post-générique qui offre un petit clin d’œil fort sympathique.

La note de Fabien
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